Baptiste PEDARROS mon grand-père maternel
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Baptiste PÉDARROS, dit « Roberto » naît le dimanche 16 février 1902 à Cassagne (H-G), dans une famille aux racines espagnoles. Son père, Joseph Jacques PÉDARROS, né à Marseille, et sa mère Maria SABI BENOSA appartiennent à cette génération frontalière où les Pyrénées étaient un lien entre deux mondes. Il grandit avec sa sœur Gertrude, appelée "Gertrudis", dans un univers rural où l'enfance s'apprenait dans les champs plus qu'à l'école. Les gestes de la vie quotidienne s'acquéraient tôt : s'occuper des bêtes, travailler la terre, s'occuper des membres de sa famille. Très jeune, Baptiste devient vacher. Le travail est dur mais familier. Plus tard, il deviendra maçon, un métier exigeant lui aussi.
Entre 1923 et 1925 le destin l'avait entraîné loin des Pyrénées. Baptiste se retrouve à Düsseldorf, durant l'occupation française de la Ruhr. Ce chapitre de sa vie est particulièrement singulier. Alors que la France occupe une partie de l'Allemagne après la Première Guerre mondiale, Baptiste travaille dans une sellerie destinée aux chevaux de l'armée française. Il est très doué dans la couture du cuir.
On imagine difficilement aujourd'hui cette époque : les rues allemandes encore marquées par les conséquences de la guerre, les soldats français présents partout, les tensions politiques permanentes, et au milieu de cela un homme des Pyrénées travaillant le cuir et les équipements destinés aux chevaux militaires.
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Des courriers familiaux rédigés en espagnol ainsi que des photographies conservées aujourd'hui constituent des témoins précieux de cette période. Ces documents racontent souvent : un éloignement familial, une correspondance bridée. Je dois avoir une centaine de ces cartes, certaines ont des dorures, d'autres sont des séries, écrites à sa famille.
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Vers le 24 juin 1920, il épouse Maria BRUALLA. Le couple construit une vie commune, dans la tourmente de l'Occupation de l'Allemagne, mais celle-ci se brisera vers 1927, et leur divorce est prononcé. Une séparation qui convient parfaitement à son épouse Maria, mais pour laquelle Roberto mettra du temps à se remettre.
Puis vient une nouvelle guerre. Le 2 janvier 1941, Baptiste est sur la liste des prisonniers de guerre. Ses informations militaires indiquent :
- Nom : PÉDARROS Baptiste
- Né le : 16 février 1902 à Cassagne
- Régiment : 57ᵉ R.A., classe 1929
- Camp : OFLAG XVIII C
- Secteur : Spittal an der Drau, en Autriche
Pendant que certains combattent encore, d'autres attendent derrière les barbelés. L'attente, l'incertitude, l'éloignement des siens deviennent alors le quotidien. Les prisonniers ne racontaient pas toujours ce qu'ils avaient vécu. Beaucoup rentrèrent avec des souvenirs enfermés profondément, comme si les mots étaient trop difficiles.
Après-guerre, Baptiste reprend sa vie. Entre la fin des années quarante et le milieu des années cinquante, il réside, avec son père José , et travaille à Saint-Mamet.
Le 9 juin 1955, il épouse Marcelle REILHÈS. Une famille se construit autour d'eux. Il adopte légalement Raymond Robert, né de père inconnu en 1945. Puis naissent Marie Josette, née en 1948, Joseph Marcel, né en 1949, Ginette, née en 1952 et Mireille, née en 1960. La famille s'installe à Saint-Béat pendant plusieurs années puis elle acquiert une propriété "les Couterêts" à Latoue. Une maison, un terrain, un grand jardin : souvent toute une vie de labeur tenait dans cela.
Le 31 octobre 1978, Baptiste s'éteint à l'hôpital de Saint-Gaudens à l'âge de 76 ans, emporté par un cancer généralisé à la suite d'une atteinte de la prostate. Il laisse derrière lui une trajectoire qui traverse l'Espagne familiale, l'Allemagne occupée, la captivité, les montagnes du Comminges. Au détour d'une photographie ou d'une lettre écrite dans une autre langue parfois, on retrouve un homme que l'on croyait connaître... et que l'on découvre.
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