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Un Pyrénéen pendant la Première Guerre mondiale

Publié le par Elisabeth BORDERES

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Joseph Jean PUENTÉ, dit « Lyautey »

 

Un paysan des Pyrénées dans la grande Histoire

Dans un tout petit village de montagne, à Saint-Aventin, dans la vallée du Larboust, Joseph Jean PUENTÉ était connu sous le surnom de : « Lyautey ». Ce sobriquet trouvait son origine bien loin des montagnes de Haute-Garonne, de l'autre côté de la Méditerranée, au Maroc, où le jeune Joseph avait servi plusieurs années auprès d'un homme qui deviendrait une figure majeure de l'histoire coloniale française : le général Hubert LyauteyJoseph Jean PUENTÉ naquit le 8 juin 1885 à Saint-Aventin, dans une région qui imposait son rythme aux saisons et aux hommes. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il grandit entre les travaux agricoles, les pâturages et la vie d'une communauté où chacun dépendait des autres.

 

Cliquez sur la photographie pour lire l'intégralité du récit sur Luchon d'Antan.

 

Lorsque vint le temps du service militaire, sa vie prit une direction inattendue. Entre 1905 et 1908, il fut envoyé au Maroc. Durant près de deux années, il servit comme ordonnance du général Lyautey. À cette époque, le Maroc connaissait une période particulièrement instable. Les tribus se soulevaient, les tensions internationales étaient fortes et la France cherchait à imposer son influence. Joseph, simple soldat pyrénéen, se retrouva au cœur d'événements qui dépassaient largement sa vallée natale.

 

 

Lorsque son service prit fin en septembre 1908, il rentra chez lui avec un certificat de bonne conduite accordé. Il pouvait alors reprendre une vie paisible. Vers 1913 il épouse Jeanne Catherine Marie CAVÉ. Un fils, Pierre Jules, naît peu après. Mais l'Europe bascule brutalement. En août 1914, Joseph a vingt-neuf ans lorsqu'il est rappelé sous les drapeaux. Comme des millions d'autres hommes, il quitte sa maison, sa femme et son enfant.

 

Artillerie lourde de la Première Guerre mondiale.

 

Il sert d'abord au 9e régiment de chasseurs à cheval, puis est incorporé au 115e Régiment d'Artillerie Lourde. Pendant ce temps, à Saint-Aventin, la guerre vide les fermes de leurs hommes. En 1917, le maire du village adresse une demande exceptionnelle à l'autorité militaire pour que Joseph obtienne quelques jours de permission :

« La famille du soldat PUENTÉ se compose du père âgé de 80 ans malade qui garde le lit depuis six mois, de la mère âgée de 67 ans gravement blessée, de sa femme et de son fils de trois ans… »

 

 

 

Le document poursuit en expliquant que son épouse se retrouve seule pour faire vivre une exploitation agricole de huit hectares. Pendant que les hommes combattaient au front, les femmes, les anciens et parfois les enfants tentaient de maintenir debout les fermes et les familles. Joseph obtient finalement cette permission exceptionnelle durant l'été 1917. Il revient quelques jours à Saint-Aventin. Sans doute a-t-il retrouvé ses montagnes avec soulagement, avant de repartir vers une guerre qui n'était pas terminée.

Puis vint l'après-guerre. Le 20 février 1919, alors que les combats sont officiellement terminés depuis plusieurs mois, Joseph est victime en Belgique d'un éclat provenant d'une bombe à retardement. La guerre venait de s'achever, mais elle continuait encore à tuer et à mutiler. L'explosion lui laisse des séquelles importantes : sa main et son bras gauche restent lourdement atteints. Il devient infirme. Comme quelques anciens combattants, il rentre vivant chez lui.

Des années plus tard, en 1936, les blessures se réveillent brutalement. Un flegmon grave impose une opération chirurgicale à la clinique de Saint-Gaudens. La guerre semblait derrière lui depuis longtemps, mais elle continuait silencieusement son œuvre dans son corps.

Joseph Jean PUENTÉ s'éteindra le 29 septembre 1945, quelques semaines après la fin d'une autre guerre mondiale. Il avait soixante ans et appartenait à cette génération d'hommes modestes. Dans son village de montagne, on continua longtemps à parler de lui simplement comme : « Lyautey ».

 

 

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