Le Pont du Roi du Val d'Aran - Route d’évasion dans les Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale
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Au Pont de Rei, à la frontière entre la France et l’Espagne, dans le Val d’Aran, la montagne garde la mémoire d’un passage clandestin devenu vital durant la Seconde Guerre mondiale. Entre 1939 et 1944, des milliers de fugitifs — Juifs persécutés, résistants, aviateurs alliés, réfractaires au STO — ont traversé les Pyrénées pour échapper à la barbarie nazie. Mais ici, franchir la frontière ne signifiait pas encore être sauvé.
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Les routes d’évasion des Pyrénées étaient tout sauf des chemins sûrs. Les fugitifs venaient d’Allemagne, de Pologne, de France ou encore de Belgique.
Ils marchaient de nuit, guidés par des passeurs, affrontant : le froid extrême, les cols enneigés, la faim et la peur constante d’être arrêtés Chaque pas était un pari, chaque sommet une épreuve.
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Le Val d’Aran constituait l’une des principales voies de passage vers l’Espagne. Le Pont de Rei, point de contrôle frontalier, devenait le lieu où tout basculait. À leur arrivée, les fugitifs n’étaient pas toujours libres. Beaucoup furent : arrêtés, emprisonnés à Vielha et transférés vers Lleida. Sous la pression allemande, l’Espagne franquiste refoulait une partie des réfugiés. La frontière était donc un filtre.
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Sans les passeurs, ces traversées auraient été impossibles. Dans le Comminges et la Barousse, certains noms restent dans la mémoire locale. Ces hommes connaissaient chaque sentier, chaque refuge, chaque danger. Ils guidaient, souvent au péril de leur vie. Parmi eux, des figures comme Louis BORDES, reconnu comme l’un des meilleurs guides de la région, ont permis à de nombreux fugitifs de franchir ces montagnes. Leur rôle fut essentiel… mais trop souvent oublié. Combien d'autres encore ne sont pas nommés ?
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Les archives et photographies anciennes montrent une douane ordinaire. Mais derrière cette apparente tranquillité se jouait le destin de centaines de personnes. Un contrôle… Un document… Un doute… Et tout pouvait basculer.
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En octobre 1944, la vallée d’Aran devient le théâtre d’un autre épisode méconnu. L’Opération Reconquista de España voit des guérilleros tenter de renverser le régime franquiste en passant par les Pyrénées. Pendant quelques jours, l’espoir renaît dans la vallée. Mais l’opération échoue. Et le silence retombe.
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Aujourd’hui, il reste : une borne gravée, un pont et des sentiers de montagne. Mais ces éléments modestes racontent une histoire immense. Celle de milliers de vies suspendues à un passage.
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Les chemins de la liberté ne sont pas de simples itinéraires historiques. Ils sont la preuve que, même dans les périodes les plus sombres, des hommes et des femmes ont choisi d’aider, de résister, de sauver. Préserver cette mémoire, c’est comprendre : d’où nous venons, ce que certains ont risqué, ce que d’autres ont perdu.
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Au Pont de Rei, la frontière n’était pas une ligne sur une carte. C’était un passage entre deux destins. Entre la peur… et la liberté. Et encore aujourd’hui, ceux qui s’y arrêtent ressentent quelque chose d’indéfinissable. Celui des pas de ceux qui ont traversé… pour vivre.
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Le Val d’Aran fut une des principales voies d’entrée de réfugiés aussi bien par le point douanier de Pònt de Rei que par les chemins de montagne venant des départements français de la Haute Garonne et de l’Ariège et qui arrivaient à Es Bòrdes, Bossòst, Bausen, Les, Canejan ou Montgarri. Ils se dirigeaient ensuite vers le sud par le col de La Bonaigua ou parvenaient à pied à l’Alta Ribagorça.
ITINÉRAIRE A: Pònt de Rei – El Pont de Suert
Pònt de Rei
En suivant le chemin naturel de la route Poursuivis et Sauvés, on commence l’étape à Pònt de Rei. On arrive par le petit village français de Fos, une localité où le temps semble s’être arrêté depuis les 20 dernières années. C’est là que se trouvent les nouvelles douanes entre la France et l’Espagne, juste à côté des anciennes.
A 1,4 Km de la douane se trouve la ligne frontière avec un espace de stationnement à gauche où l’on peut trouver le premier indicateur de la route Poursuivis et Sauvés. Juste à cet endroit la Garonne passe de la droite du chemin, à gauche de celui-ci. C’était l’endroit où avait lieu le contrôle de documents des réfugiés qui prétendaient entrer illégalement en Espagne. C’était aussi l’endroit où la police espagnole livrait, à la Gendarmerie française d’abord et plus tard à la police allemande, les évadés qui devaient être renvoyés en France selon l’accord conclus entre les autorités espagnoles et la France de Vichy.
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