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Visite de Rocamadour

Publié le par Elisabeth BORDERES

Ce blog avance grâce à la curiosité et aux échanges. N’hésitez pas à commenter ci-dessous.

En 2003, seule, je suis allée visiter Rocamadour. Je l'avais déjà vue en famille dans ma jeunesse puis adulte. 

La première apparition de la cité suspendue à sa falaise semblait surgir de la roche.  Au fil du chemin, les maisons défiées le vide.

Tout paraissait ancien, immobile. Les murs racontaient des siècles de passages, de pèlerins, de prières et d’espoirs. Je marchais sans horaires, à mon rythme pour admirer chaque détails, juste moi et ces vieilles pierres.

À l’intérieur de l’église, le silence s'imposait. L’orgue était silencieux. La lumière traversant les vitraux dessinait des couleurs sur les pierres froides.

J'ai admiré les cours intérieures, les galeries, les escaliers et les bâtiments semblant surgir directement de la falaise. À Rocamadour, on passe son temps à admirer le génie des bâtisseurs.

Il y avait quelque chose d’étrange dans cet endroit : un mélange de grandeur et d’humilité.

Voyager seule m’avait souvent apporté davantage que certains voyages accompagnés. Lorsque personne ne parle à côté de vous, on apprécie davantage ce qui nous entoure... et parfois même ce qui est en nous.

 

Proche de Rocamadour je vous conseille cette visite :

 

(clic image).

Rien de plus troublant que ce trou à la surface de la terre, et rien de tel pour laisser l’imagination répondre à cette énigme troublante à qui l’on accordait des pouvoirs mystiques et des appellations effrayantes : Diable ? Trésor ? Trace d’un geste divin ? Toutes les hypothèses ont vu le jour.

Parmi les plus ancrées d’entre elles, le récit de flammes sortant du Gouffre pour défendre un trésor caché par les anglais à la fin de la guerre de Cent ans connut l’adhésion de nombreuses populations Lotoises.



Une autre légende invite Lucifer qui, pour défier St Martin, aurait formé le Gouffre d’un coup de talon, invitant le Saint à franchir l’abîme contre les âmes des paysans damnés qu’il s’apprêtait à conduire en enfer... Un funeste troc qui poussa St Martin, guidé par sa foi, à éperonner sa mule lui faisant commettre l’exploit de sauter au-dessus du Gouffre ! Ce bond prodigieux laissa dit-on, l’empreinte du sabot de l’animal dans la roche, encore visible aujourd’hui.

Vaincu et vexé, le Diable aurait alors définitivement disparu au fond du Gouffre...

Mais il en fallait plus pour impressionner Edouard-Alfred Martel : faisant fi des légendes, il décide d’avancer plus loin dans l’aventure et de mettre en œuvre cette audacieuse exploration.

Une expédition comme celle que projette de faire Edouard-Alfred Martel n’est pas une partie de campagne. Elle nécessite non seulement une attention approfondie, mais également des fonds importants pour pouvoir optimiser la sécurité et la quête d’informations, car cette exploration a bien évidemment une portée scientifique.

Indiscutablement, Edouard-Alfred Martel manque d’argent pour mener à bien son projet dont l’objectif est aussi de rendre ce lieu fantastique accessible au public. Car c’est ainsi des grandes passions qui ne vivent que lorsqu’elles sont partagées.

 

Et tout comme si Edouard-Alfred Martel avait eu une bonne étoile, la providence lui vient en aide, au moment même où il en a le plus besoin...

En voici le récit : notre passionné est à Paris, dans un fiacre qui l’emmène au gré des rues pavées... En fin de course, il quitte la voiture et s’aperçoit, alors qu’elle s’efface au loin, qu’il y a laissé sa sacoche contenant les plans du Gouffre et tout son projet d’ouverture au public.

Or il se trouve que le passager suivant, George Beamish, héritier des bières irlandaises du même nom, la trouve, l’ouvre et découvre avec émerveillement le projet fou d’Edouard-Alfred Martel. Immédiatement séduit, il retrouve sa trace, le contacte et décide de l’accompagner.

S’en suivent de longs mois de réflexion, de conception, de travaux, d’aménagement et le 1er novembre 1898 les premiers visiteurs entament leur descente dans le Gouffre !

L’inauguration officielle a lieu le 10 avril 1899 en présence de la presse et de nombreuses personnalités.
Un an plus tard, l’exposition universelle de Paris fera la part belle à la notoriété du Gouffre de Padirac

Les plus belles passions sont celles qui se partagent… Et lorsqu’elles sont le fruit d’une transmission familiale, elles sont sans aucun doute plus précieuses encore.
Il faut regarder plus amont et retrouver dans le fiacre parisien George Beamish, arrière-arrière grand-père de Laetitia de Ménibus, aujourd’hui à la tête de la Société d’Exploitation du Gouffre de Padirac.

Avec le souci constant de mettre en lumière le patrimoine culturel de ce monument naturel souterrain unique, Laetitia de Ménibus déploie toute son énergie dans l’organisation et la direction du site du Gouffre de Padirac avec pour objectif qu’il devienne la référence européenne dans le monde des grottes et des gouffres. Un projet de refonte architectural et paysager des infrastructures d’accueil a récemment été initié pour permettre de diversifier l’offre que propose le site, et ainsi avoir la capacité d’accueillir de 600 000 à 800 000 visiteurs par an.

La grande aventure du Gouffre de Padirac peut enfin commencer !

 

Je l'ai visité deux fois, j'ai hâte de le faire une troisième fois!

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