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Traditions et Souvenirs d'Antan

Publié le par Elisabeth BORDERES

Partagez vos souvenirs et les traditions de chez vous dans un commentaire au bas de l'article.

Sujets des Traditions et Souvenirs : 

  • Préparons la dinde de Noël : un savoir-faire rural transmis de génération en génération

  • Les grandes descentes en luge de l'hiver

  • La fête du cochon : une tradition hivernale au cœur de la vie rurale

  • Les Noëls en famille des années 1970 - 1980

  • Les croque-monsieur Marie recette de ma mère

 

 

Préparons la dinde de Noël :
un savoir-faire rural transmis
de génération en génération

 

Couic !

 

Bien avant que les volailles prêtes à cuire ne remplissent les rayons des supermarchés, la préparation de la dinde de Noël faisait partie des traditions familiales de nombreuses campagnes françaises. Dans les fermes et les maisons rurales, la volaille était souvent élevée toute l'année avant d'être réservée aux grandes occasions. Noël représentait alors le moment privilégié pour préparer ce repas d'exception.

La veille ou quelques jours avant les fêtes, la famille se réunissait autour de cette tâche qui demandait à la fois savoir-faire, patience et précision. Une fois la dinde abattue, venait le temps du plumage. Les grandes plumes étaient retirées à la main avant d'ôter les plus petites. Il fallait ensuite flamber délicatement la peau afin d'éliminer le duvet restant et obtenir une carcasse parfaitement propre.

 

Dindes pour famille nombreuse.

 

Commence alors l'étape la plus technique : la préparation de la volaille. Installée sur la grande table de cuisine protégée par du papier journal, la dinde était vidée avec soin. Les entrailles étaient retirées méthodiquement afin de préserver les parties destinées à la cuisine.

Rien ne se perdait. Le foie, le gésier et le cœur étaient soigneusement conservés. Ils entraient dans la préparation de la farce ou parfois servaient à confectionner des sauces riches en goût. Les anciens connaissaient parfaitement chaque morceau de l'animal et savaient comment le valoriser.

 

Vider la dinde de ses abats.

 

La préparation nécessitait plusieurs personnes. L'un maintenait la volaille pendant qu'un autre procédait aux différentes opérations. Les gestes étaient précis, hérités de longues années d'expérience. Les enfants observaient attentivement, découvrant ainsi des savoirs transmis depuis plusieurs générations.

Une fois nettoyée, la dinde était rincée puis soigneusement examinée. Les dernières plumes oubliées étaient retirées une à une. Venait ensuite le bridage. À l'aide d'une ficelle de cuisine, les pattes étaient attachées et les ailes repliées contre le corps afin que la volaille conserve une belle forme durant la cuisson.

Dans certaines familles, la farce était préparée à partir de chair à saucisse, de pain trempé dans le lait, d'ail, de persil, de marrons ou encore des abats finement hachés. Chaque maison possédait sa recette, jalousement conservée et transmise de génération en génération.

 

Âmes sensibles s'abstenir !

 

Bien ficelée !
C'est du savoir-faire !

 

Pendant que les adultes travaillaient, la cuisine s'emplissait d'odeurs prometteuses. Le feu crépitait dans la cheminée ou dans la cuisinière à bois. On évoquait les Noëls passés, les membres de la famille absents, les souvenirs d'enfance et les préparatifs du réveillon.

La préparation de la dinde constituait un véritable moment de vie familiale. Chacun participait selon ses capacités. Les anciens transmettaient leur expérience, les plus jeunes apprenaient, et tous partageaient l'attente du grand repas.

Lorsque la volaille était enfin prête, bridée et installée dans un endroit frais, elle devenait la pièce maîtresse du repas de Noël. Quelques heures plus tard, dorée lentement au four, elle réunirait autour de la table plusieurs générations.

 

Bon appétit !

 

Aujourd'hui, ces pratiques ont largement disparu avec l'évolution des modes de vie et de consommation. Pourtant, elles demeurent profondément ancrées dans la mémoire de ceux qui les ont connues. Elles rappellent une époque où l'on préparait soi-même ce que l'on allait manger, où chaque geste avait un sens, et où les fêtes de Noël commençaient bien avant le repas, dans la chaleur de la cuisine familiale et le partage d'un savoir-faire transmis avec fierté.

 

 

 

Les grandes descentes
en luge de l'hiver

 

Les années 50'

 

Dans les villages d'autrefois, l'hiver transformait complètement le paysage et le quotidien des habitants. Les chutes de neige étaient souvent abondantes. Durant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, les chaussées restaient entièrement recouvertes d'une épaisse couche blanche. Certains chemins devenaient alors de véritables terrains de jeux pour les enfants.

À la sortie de l'école, les jeunes se retrouvaient avec leurs luges, et leur inventions à glisser, qui faisait le bonheur des plus téméraires. Les enfants et adolescents formaient de véritables équipages. Tout le monde s'installait sur les engins, prêt pour une descente aussi rapide qu'inoubliable.

Une fois lancés, les jeunes dévalaient la route et les champs enneigées. Les pentes leur permettaient de prendre une vitesse impressionnante. Les cris de joie, les éclats de rire et parfois quelques frayeurs accompagnaient ces courses folles. L'absence de freins avait toutefois un prix : les cuisses, les genoux et les coudes ressortaient souvent éraflés par les frottements contre la neige durcie ou la glace.

 

 

Les filles n'étaient pas épargnées. À cette époque, les pantalons étaient encore peu portés par les jeunes filles à la campagne. Beaucoup descendaient en jupe ou avec des vêtements peu adaptés à ce genre d'aventures. Les bleus, les égratignures et les vêtements mouillés faisaient partie du jeu. Personne ne s'en plaignait vraiment. L'essentiel était de profiter de ces moments de liberté et de camaraderie.

Les descentes ne duraient que quelques minutes, mais elles procuraient des sensations qui semblaient infinies. Une fois arrivés en bas, il fallait reprendre son souffle et entreprendre la remontée à pied. Certaines ascensions, bien plus longues et fatigantes que les descentes, ne décourageait personne. Les jeunes remontaient la côte en tirant leurs luges derrière eux, plaisantant et préparant déjà la prochaine aventure.

Au cours d'un même après-midi, ils effectuaient ainsi plusieurs descentes. La neige, le froid et l'effort physique ne constituaient pas des obstacles mais faisaient partie intégrante du plaisir. Ces moments simples représentaient un véritable rite hivernal pour toute une génération d'enfants.

Aujourd'hui encore, ceux qui ont connu ces hivers se souviennent avec émotion de ces routes et ces champs enneigées devenues pistes de luge improvisées. Derrière les cuisses râpées, les mains glacées et les longues remontées se cachent des souvenirs précieux, témoins d'une époque où quelques centimètres de neige suffisaient à transformer une sortie d'école en une aventure extraordinaire.

 

Une autre génération, les années 80'

 

La Citroën GS, les Boots, les vêtements de l'époque, et tous en luge!

 

Quelques années plus tard, les enfants continuaient d'inventer leurs propres façons de profiter de la neige avec les moyens du bord. L'imagination remplaçait largement les équipements spécialisés, souvent absents des foyers ruraux.

Parmi les souvenirs les plus marquants figurent les descentes réalisées sur de grands sacs en plastique particulièrement résistants, remplis de paille. Cette luge improvisée glissait parfaitement sur la neige tassée et permettait d'atteindre des vitesses surprenantes. Les descentes étaient accompagnées d'éclats de rire incessants, de cris de joie et de défis lancés entre camarades. Chaque parcours devenait une aventure dont personne ne connaissait vraiment l'issue.

Les trouvailles ne s'arrêtaient pas là. Il arrivait aussi que les enfants récupèrent un vieux capot de voiture. Une fois posé sur la neige, il se transformait en un engin de glisse aussi rapide qu'imprévisible. Installés à plusieurs dessus, ils dévalaient les pentes avec une témérité que les adultes d'aujourd'hui jugeraient sans doute déraisonnable.

Le plus spectaculaire restait l'arrivée. Au bas de certains champs, une épaisse haie de ronces attendait les imprudents. Il fallait alors anticiper le bon moment et s'extirper du capot pour sauter en marche avant d'atteindre l'extrémité de la pente. L'exercice demandait un mélange d'adresse et d'inconscience propre à l'enfance. Ceux qui tardaient trop terminaient parfois leur course dans les broussailles, provoquant l'hilarité générale et alimentant les récits des jours suivants.

Avec le recul, ces aventures hivernales apparaissent comme le reflet d'une époque où les distractions se fabriquaient soi-même. Un sac de paille, un vieux morceau de tôle ou un capot de voiture suffisaient à créer des après-midi entiers de bonheur. Derrière ces jeux simples se cachait une liberté aujourd'hui devenue rare : celle d'une enfance vécue au grand air, entre copains, sans autre préoccupation que de profiter de l'instant présent.

Et lorsque reviennent ces souvenirs, c'est toute la saveur de cette insouciance qui ressurgit. Une époque où quelques flocons de neige suffisaient à transformer une pente ordinaire en terrain d'aventures, où les fous rires résonnaient, et où le bonheur se mesurait simplement à la vitesse d'une descente et au plaisir de la recommencer.

 

 

 

La fête du cochon :
une tradition hivernale
au cœur de la vie rurale

 

Dans les campagnes d'autrefois, la fête du cochon constituait l'un des moments les plus importants de l'année. Bien plus qu'une simple opération de préparation alimentaire, elle représentait un véritable événement familial et communautaire où se mêlaient travail, entraide et convivialité.

À cette époque, les abattoirs étaient rares, voire inexistants dans les villages. Chaque famille élevait généralement un ou plusieurs cochons destinés à assurer une grande partie de l'alimentation annuelle. Lorsque venait l'hiver, entre décembre et février, le moment du sacrifice était soigneusement choisi. Le froid naturel permettait de conserver la viande dans de bonnes conditions, tandis que l'absence de mouches limitait les risques de contamination.

 

 

Le jour venu, parents, voisins, cousins et amis se réunissaient dès l'aube. Plusieurs hommes, souvent quatre à six, étaient nécessaires pour maîtriser l'animal. Chacun connaissait son rôle et les gestes se transmettaient de génération en génération. Rien n'était laissé au hasard, car du cochon, rien ne devait être perdu.

Dès la saignée effectuée, le sang était soigneusement recueilli pour la fabrication du boudin noir. Pendant ce temps, les femmes préparaient les épices, les oignons et les ustensiles nécessaires à la transformation de la viande. Les boyaux, destinés à recevoir saucisses et saucissons, devaient être minutieusement nettoyés. Cette tâche exigeante conduisait souvent les plus jeunes jusqu'à la fontaine du village, parfois par des températures glaciales. Les mains plongées dans l'eau froide, ils lavaient et rinçaient les boyaux avec patience, malgré le gel qui recouvrait parfois les chemins.

 

 

Le lendemain débutait le travail de découpe. Hommes et femmes participaient ensemble au dépeçage de l'animal. Les plus belles pièces étaient réservées à la fabrication des jambons qui seraient ensuite salés puis suspendus pour sécher durant plusieurs mois. D'autres morceaux servaient à confectionner saucisses, saucissons, pâtés et conserves.

Une grande partie de la graisse était récupérée avec soin. Découpée en petits morceaux puis lentement fondue dans de grandes marmites, elle produisait le précieux saindoux, indispensable à la cuisine quotidienne. Dans cette graisse chaude étaient ensuite plongés les morceaux de viande destinés au confit. Une fois cuits, ils étaient placés dans des pots en terre ou des bocaux, entièrement recouverts de graisse afin de les conserver pendant de longs mois. Ces réserves constituaient une sécurité alimentaire précieuse pour toute la famille.

 

 

Le saindoux occupait d'ailleurs une place essentielle dans l'alimentation rurale. Lorsqu'il n'y avait pas de viande au repas, il n'était pas rare d'ajouter une cuillerée de graisse dans la soupe ou sur une tranche de pain afin d'apporter énergie et saveur. Dans des périodes où le travail physique était intense et les ressources parfois limitées, cette graisse représentait une source importante de calories.

Pendant les deux ou trois jours que duraient les préparatifs, le village, les familles, semblait vivre au rythme du cochon. Les enfants eux-mêmes participaient aux travaux. Beaucoup étaient dispensés d'école les après-midi afin d'aider aux différentes tâches : porter l'eau, préparer le bois pour les chaudrons, nettoyer les ustensiles ou transporter les provisions. C'était également pour eux une véritable école de la vie où s'apprenait le savoir-faire des anciens.

Mais la fête du cochon n'était pas seulement un temps de travail. C'était aussi une occasion privilégiée de rassemblement. Les repas pris en commun rythmaient les journées. Les familles accueillaient généreusement toutes les personnes venues prêter main-forte. Autour de la table, les discussions, les souvenirs et les nouvelles du pays circulaient autant que les plats fumants. On racontait les histoires du village, de famille, on échangeait des conseils et l'on renforçait les liens de solidarité indispensables à la vie rurale.

 

Le dimanche suivant, tout le monde s'endimanche pour manger ensemble et fêter la fin de tout ce travail.

 

Cette tradition, aujourd'hui largement disparue, témoigne d'une époque où l'autonomie alimentaire, l'entraide entre voisins et le respect des ressources constituaient des valeurs fondamentales. La fête du cochon était à la fois une nécessité économique, un savoir-faire ancestral et un moment de partage qui marquait profondément la mémoire des générations rurales.

 

 

 

Les Noëls en famille
dans les années 70' - 80'

 

Noël 1979.

Il suffit d’une vieille photographie représentant un sapin un peu dégarni, quelques paquets colorés et des enfants impatients pour que reviennent instantanément les souvenirs des Noëls d’autrefois. Pour toute une génération ayant grandi dans les années 1970 et 1980, Noël était bien davantage qu’une simple fête : c’était un rendez-vous familial attendu pendant des semaines, une parenthèse enchantée au cœur de l’hiver.

À cette époque, les journées semblaient plus longues lorsqu’approchait le mois de décembre. Dès l’automne, les célèbres catalogues de jouets faisaient leur apparition dans les boîtes aux lettres. Chez moi, entre frères et sœurs, ils étaient feuilletés jusqu’à l’usure. On entourait soigneusement les jouets de nos rêves avec un stylo, en espérant que le Père Noël saurait satisfaire nos vœux.

À l’école, les préparatifs occupaient les dernières semaines avant les vacances. Les maîtresses nous faisaient répéter chants et spectacles de Noël. Nous confectionnions des cartes de vœux, des étoiles en papier, des guirlandes et de petites décorations qui trouvaient ensuite leur place sur le sapin familial. L’attente faisait partie intégrante de la fête et contribuait largement à sa magie.

Dans notre famille, le sapin était toujours naturel. Quelques jours avant Noël, nous allions le choisir ensemble en forêt. Une fois installé dans le salon, il diffusait cette odeur incomparable de résine qui annonçait les fêtes de fin d'année. Les décorations étaient bien différentes de celles que l’on trouve aujourd’hui. Les fameuses guirlandes métalliques rouges, bleues, dorées ou argentées habillaient les branches. Les cheveux d’ange s’accrochaient partout, jusque dans les vêtements. Les boules, fragiles et précieuses, demandaient de la précaution. Quelques décorations fabriquées par nous venaient compléter l’ensemble.

Les guirlandes électriques existaient déjà, mais elles étaient simples : de petites ampoules colorées qui clignotaient lentement, donnant au salon une atmosphère chaleureuse.

Noël 1980.

Lorsque je regarde aujourd’hui les photographies de cette époque, je retrouve ces sapins parfois modestement décorés, entourés de cadeaux emballés dans des papiers multicolores, au milieu de pièces aux papiers peints caractéristiques des années 1970.

Dans notre famille, Noël se déroulait généralement entre nous : les parents et les cinq, puis six enfants de la fratrie. Le repas était un moment important. Tout le monde prenait place autour de la grande table familiale, et l’on restait assis bien plus longtemps que les autres jours de l’année.

Le menu variait peu mais demeurait exceptionnel pour nous. Il pouvait comprendre du foie gras fait maison, une dinde ou un chapon farci, des haricots verts agrémentés, des pommes dauphine, plusieurs sortes de fromages accompagnés de belles tranches de pain de campagne, puis la traditionnelle bûche de Noël, pâtissière ou au beurre. Sur la table trônait également la boîte de chocolats et de friandises que chacun allait picorer tout au long de la soirée.

Après ce repas joyeux venait le moment le plus mystérieux de la nuit. Dans notre famille, les cadeaux apparaissaient sous le sapin pendant que nous étions partis à la messe de minuit. Pendant notre absence, nos parents débarrassaient la table, terminaient les préparatifs et installaient discrètement les présents.

À notre retour, la magie avait opéré.

Noël 1982.

Les cadeaux étaient moins nombreux qu’aujourd’hui. Nous étions une famille modeste, mais chacun d’eux avait une importance particulière. Une poupée pour les plus petites, une poussette à poupon, des vêtements de poupée, des perles pour fabriquer colliers et bracelets, un circuit de train pour le garçon de la famille, des jeux de société, des peluches ou encore, pour moi très souvent, un livre.

Je me souviens notamment d’un ouvrage de la Bibliothèque Rose : Mili-Mali-Malou. Ces livres étaient de véritables trésors pour moi.

Nadège avait reçue une belle poupée, Nathalie des perles et Marielle un jeu (entre autres cadeaux).

L’ouverture des cadeaux donnait lieu à une joyeuse agitation. Les papiers d’emballage volaient dans toute la pièce tandis que notre père immortalisait ces instants avec son appareil photo argentique. Notre mère, quant à elle, aidait les plus jeunes à déballer leurs présents.

Sur certaines photographies, on aperçoit encore aujourd’hui les peluches au pied du sapin, les jouets soigneusement disposés et les regards émerveillés des enfants découvrant leurs trésors.

Je me souviens particulièrement d’un immense chien Saint-Bernard en peluche blanc et orange offert à ma petite sœur Nadège lors de son premier Noël. Il paraissait gigantesque à côté d’elle. Je me souviens également des poupées, du fauteuil miniature jaune paille, des jeux qui occupaient ensuite nos journées pendant toutes les vacances scolaires.

Pour les plus jeunes, le Père Noël faisait parfois son apparition à l’école. Son arrivée provoquait toujours un mélange de fascination et d’appréhension. Certaines de mes petites sœurs se précipitaient dans ses bras tandis que d’autres préféraient rester à bonne distance, impressionnées par cette grande silhouette vêtue de rouge.

Lorsque je regarde aujourd’hui ces clichés, parfois surexposés ou mal cadrés, ce n’est pas leur qualité qui me touche. C’est tout ce qu’ils racontent.

J'y retrouve les papiers peints aux motifs typiques des années 1970, les meubles en bois massif, les fauteuils de velours, les sapins naturels parfois un peu clairsemés, les cadeaux modestes et les visages heureux.

Ces photographies témoignent d’une époque où Noël n’était pas une course à la consommation. La magie naissait de choses simples : l’attente, les traditions familiales, les repas préparés avec soin, les rires d’enfants et la joie d’être ensemble.

Avec le recul, ce ne sont pas les cadeaux que je retiens le plus. Ce sont les odeurs de résine et de cuisine, les discussions autour de la table, les éclats de rire de mes frère et sœurs, les flashs de l’appareil photo de mon père et cette certitude rassurante qu’au moins une fois dans l’année, malgré les difficultés de la vie, toute la famille se retrouvait réunie  dans la joie et le bonheur.

C’est peut-être cela, finalement, le véritable cadeau de ces Noëls des années 1970 et 1980 : des souvenirs simples, sincères et précieux, qui continuent encore aujourd’hui à réchauffer le cœur de ceux qui les ont vécus.

 

 

 

Les croque-monsieur de ma mère Marie 

recette pour famille nombreuse

à manger chauds ou froids

 

 

Une recette familiale qui régale depuis plusieurs générations

 

Il existe des recettes qui ne figurent dans aucun livre de cuisine, qui sont intimement liées à une famille, à des souvenirs et à des moments de bonheurs partagés. Les croque-monsieur de ma mère font partie de ces trésors culinaires.

Dans notre famille, nous étions cinq enfants, puis six, auxquels s'ajoutaient nos deux parents. Il fallait donc des plats généreux, nourrissants et capables de satisfaire tous les appétits. Ma mère avait trouvé la recette idéale : des croque-monsieur préparés avec des ingrédients simples mais savoureux.

 

 

Point de pain de mie chez nous. La base était constituée de biscottes, empilées en plusieurs couches afin d'obtenir des croques particulièrement épais et moelleux. Entre chaque étage prenaient place de belles tranches de jambon blanc, du gruyère râpé (ou en tranches c'est selon) en abondance et surtout une délicieuse béchamel maison. Une béchamel sans muscade, fort heureusement, car je n'ai jamais apprécié cette épice !

 

 

Une fois tous les ingrédients assemblés et les secrets opérés, l'ensemble était généreusement nappé de béchamel et recouvert de fromage râpé avant de passer au four. À la sortie, les croques étaient dorés, fondants, incroyablement moelleux, avec ce fromage gratiné qui formait une croûte irrésistible.

Une seule plaque de four accueillait au minimum seize énormes portions, hautes de six biscottes, parfois même huit. De véritables pavés gourmands !

Ces préparations étaient souvent un travail d'équipe. Toute la famille mettait la main à la pâte. Ces instants passés ensemble faisaient passer des moments joyeux ensemble.

L'un des grands avantages de cette recette était sa polyvalence. En hiver, nous les dégustions bien chauds, tout juste sortis du four, lorsque le fromage filait encore sous la fourchette. Mais ils étaient tout aussi délicieux froids. Il arrivait même que nous les préparions la veille afin de les emporter lors d'un pique-nique le lendemain. Ils conservaient alors tout leur moelleux et devenaient un repas pratique à partager en pleine nature.

 

 

Et puis il y avait cette règle : personne ne s'arrêtait à un seul croque. Après le premier venait presque toujours un deuxième... ou au moins la moitié d'un second. Impossible de résister.

Accompagnés d'une laitue assaisonnée d'une simple vinaigrette maison, puis d'un fruit de saison ou d'une compote préparée à la maison, ils constituaient un repas complet et généreux.

Aujourd'hui encore, cette recette continue de perdurée. Les enfants qui la dévoraient autrefois sont devenus parents, puis grands-parents à leur tour. Désormais, ce sont les petits-enfants et même les arrière-petits-enfants qui réclament ces fameux croque-monsieur. Comme les plus belles recettes familiales, elle se transmet avec les souvenirs, les rires et les moments de partage qui l'accompagnent.

Chaque bouchée ramène un peu de mon enfance, des repas pris tous ensemble autour de la grande table familiale, de l'odeur qui envahissait toute la maison lorsque la plaque sortait du four et de cette certitude que les meilleures recettes sont souvent les mieux partagées.

 

 

Merci, Maman, pour cette recette unique qui continue de rassembler toute la famille autour de la même gourmandise, génération après génération.

 

 

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