Ma découverte, en famille, des grottes de Gargas en 1977 dans la Neste
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J'avais sept ans lorsque mes parents décidèrent d'emmener toute la famille visiter les grottes de Gargas en 1977. Nous étions tous réunis : mon père Élie, ma mère Marie, ma sœur aînée Valérie, mon frère Didier, mes deux petites sœurs Marielle et Nathalie, et moi-même. Nous étions petits, mais nos parents nous emmenaient dans des lieux insolites pour des enfants. Plus tard je me passionnerais pour la préhistoire.
Je garde encore un souvenir très présent de cette visite. À cet âge-là, je ne comprenais évidemment pas toute l'importance archéologique du lieu, mais je ressentais déjà quelque chose de particulier en pénétrant dans cette montagne. Dès l'entrée, l'air frais nous enveloppa et nos vestes de laine nous protégeaient. Même en plein été, la température semblait figée dans un éternel printemps. Les parois humides, les jeux d'ombre et de lumière, les formes étranges sculptées par le temps donnaient à l'endroit une atmosphère mystérieuse.
Aujourd'hui je connais par cœur Jacques MALATERRE et son long métrage "Les derniers secrets de l'humanité".
Je me souviens surtout du silence. Un silence différent de celui que l'on rencontre dehors, profond, solennel, qui semblait habiter les lieux depuis des milliers d'années. Cela me rappelais les églises. J'étais déjà une petite fille calme, attentive et très solitaire.
À mesure que nous avancions dans les galeries, le guide nous expliquait que des hommes préhistoriques (Mais qui c'est ceux là ? De quel pays sont-ils ?) avaient vécu là bien avant nous. Pour l'enfant que j'étais, il était difficile d'imaginer que des êtres humains, venus d'un autre temps, avaient fréquenté ces cavernes vingt-cinq ou trente mille ans auparavant. Pourtant, les traces de leur passage étaient présentes. Les trois grands que nous étions étaient intéressés, mais les deux petites profitaient surtout de la fraîcheur intérieure d'un chaud été extérieur.
Lorsque nous sommes arrivés devant les célèbres mains négatives de Gargas, j'ai été fascinée. Ces silhouettes de mains projetées sur la roche semblaient surgir de la pierre. Certaines paraissaient complètes, d'autres semblaient avoir perdu des doigts. Je regardais mes petites mains et je me souviens avoir longuement observé ces empreintes en essayant d'imaginer les personnes qui les avaient laissées là. Étaient-ce des hommes ? Des femmes ? Des enfants comme moi ? Pourquoi faire cela sur des murs ? J'avais ensuite tenté de faire de même à la maison, cela n'avait pas plu à mes parents.
Je ne pouvais pas savoir alors que les scientifiques débattaient encore de leur signification. Ces mains étaient-elles des signatures , des symboles , des messages ou des gestes rituels ? Le mystère demeure aujourd'hui encore. Mes parents, tout en nous surveillant attentivement, tcharaient avec d'autres visiteurs.
Cette visite fut probablement ma première rencontre avec la très longue histoire de l'humanité. Dans ces grottes, le temps semblait disparaître. Entre les hommes du Gravettien et la petite fille que j'étais, des dizaines de milliers d'années s'étaient écoulées, mais leurs mains étaient toujours là, comme un salut silencieux adressé aux générations futures. D'autres enfants accompagnaient leurs parents et se mêlés à nous. Notre capacité à nous faire des amis était naturelle.
Près d'un demi-siècle plus tard, lorsque je repense à cette journée passée en famille dans les grottes de Gargas, je revois nos silhouettes avançant dans les galeries, nous trottinant derrière nos parents et les autres visiteurs, émerveillées par ce patrimoine exceptionnel des Pyrénées que nous ne comprenions pas encore. Je mesure surtout la chance que nous avons eue de pouvoir contempler un témoignage aussi rare de nos ancêtres préhistoriques à cette époque là puisque tout à été modernisé maintenant.
Les mains de Gargas continuent aujourd'hui encore d'interroger les chercheurs. Elles continuent aussi d'émerveiller les visiteurs, comme elles avaient émerveillé une petite fille de sept ans venue découvrir, avec sa famille, l'un des plus grands sanctuaires préhistoriques d'Europe.
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