Ma grand-mère maternelle Marcelle Reilhès "pupille de la nation"
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Le 12 septembre 1920, à Toulouse, naît Marcelle REILHÈS. Sa mère, Berthe Joséphine REILLÈS (à partir de ses enfants, l'écriture du nom à changée), jeune femme célibataire originaire de Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn, travaille comme domestique d'intérieur. Une vie modeste, semblable à celle de nombreuses femmes de cette époque où l'on travaillait dur. Dès sa naissance, Marcelle est placée à l'Assistance publique. Sa sœur ainée Andrée vit chez son grand-père Jean Pascal. Un an plus tard, le 20 mai 1921, Berthe reconnaît officiellement sa fille. Un lien existe désormais sur le papier, mais il ne modifie pas le cours de l'enfance de la petite fille.
En 1921, Marcelle apparaît dans les recensements au Cuing, en Haute-Garonne. Elle vit chez Jean Philippe VINSONNEAU et son épouse Louise CLAVERIE, sa famille d'accueil. Puis les années passent. En 1926 Marcelle est toujours au Cuing. En1931 elle y est encore. Elle est « Pupille de la Nation. Placée » Être Pupille de la Nation signifiait que la République reconnaissait une dette morale envers un enfant frappé par une situation jugée exceptionnelle. Marcelle, une enfant qui grandissait dans une maison du Cuing, entourée d'une famille qui n'était pas la sienne, mais qui allait devenir son univers quotidien. Elle partageait sa vie avec d'autres enfants placés dont un jeune de son âge handicapé. Après l'âge de onze ans elle est placée dans une autre famille d'accueil qui ne sera ni gentille, ni aimante comme celle qui l'a élevée. Elle en gardera un très mauvais souvenir. Agée, accompagnée de sa fille Marie (ma mère) elles iront voir à plusieurs reprise cette famille d'accueil du Cuing qui ne l'a jamais oubliée.
Pendant ce temps, quelque part ailleurs, sa mère Berthe poursuivait sa propre vie et aura un fils Marcel. Leurs chemins continuaient d'exister en parallèle sans se rejoindre. Marcelle, adulte, verra sa sœur Andrée et son frère Marcel à plusieurs reprises avec une entente affectueuse. A-t-elle connue son oncle Louis et ses grands-parents Jean Pascal et Mathilde Victorine ? Des années plus tard seulement, devenue adulte et mère à son tour, Marcelle retrouvera Berthe grâce aux recherches entreprises par son mari Baptiste Roberto. La rencontre aura lieu à Toulouse. Puis une nouvelle séparation, cette fois définitive.
Certaines blessures ne se referment jamais totalement ; elles apprennent seulement à vivre en silence et elle fut très discrète sur son enfance et sa jeunesse. Comme sa mère, Marcelle aura un premier enfant, Robert, alors qu'elle est célibataire, mais elle ne l'abandonnera pas, se mariera et aura d'autres enfants qu'elle élèvera!
Parmi les souvenirs de ma grand-mère qui remontent à la surface, il en est un qui garde encore aujourd'hui la saveur douce de l'enfance.
Je devais avoir huit ans lorsque ma grand-mère maternelle, Marcelle, qui était aussi ma marraine, m'offrit un cadeau qui me semblait merveilleux : une petite caisse d'épicerie. Lorsqu'on ouvrait son tiroir, elle faisait entendre une sonnette. Pour une enfant des années 1970, c'était un véritable trésor. Je me souviens encore du plaisir que j'éprouvais à faire sonner ce tiroir, imaginant que je tenais une vraie boutique.
Je garde également le souvenir de ma grand-mère lorsque j'avais dix-huit ans, à cette période charnière où je passais de la formation de palefrenier-soigneur à celle de cavalier-soigneur. Son image reste associée à certains étapes importantes de ma vie.
Si elle avait su, je suis sûre qu'elle serait allé au Musée BOURDELLE voir les portrait d'Emilie REILHES. 😔
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