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Marcelle désigne Karl Faber

Publié le par Elisabeth BORDERES

 

 

Le procès-verbal, établi le 20 août 1948 par Hubert Girardier, inspecteur de police judiciaire de la Sûreté nationale, apporte des précisions importantes. L'audition est réalisée dans le cadre d'une commission rogatoire du 25 juillet 1948, délivrée par le capitaine Raymond, juge d'instruction du Tribunal militaire permanent de Bordeaux, dans la procédure suivie contre Karl Dethlefs, Karl Faber, Büttner et d'autres, pour des faits alors qualifiés notamment d'association de malfaiteurs, tortures et assassinats.

 

Marcelle, alors âgée de 40 ans, coiffeuse à Fronsac, y raconte une nouvelle fois son arrestation du 3 janvier 1944. Elle explique avoir été arrêtée à son domicile par des fonctionnaires de la police allemande de Luchon, qui lui reprochaient de s'occuper de passages clandestins vers l'Espagne. Elle fut immédiatement conduite à Luchon, « au siège de la Gestapo », où elle déclare être restée trois jours, soumise à plusieurs interrogatoires au cours desquels elle fut torturée et frappée.

 

Ce procès-verbal présente un intérêt particulier concernant Karl Faber. Une photographie lui est présentée et Marcelle déclare le reconnaître comme l'un des hommes ayant participé à son interrogatoire, aux côtés de quatre ou cinq autres Allemands. Elle affirme qu'il l'a frappée, comme les autres, « avec beaucoup de sauvagerie ». Là encore, sa déposition est remarquable par la distinction qu'elle établit entre ce dont elle est certaine et ce qu'elle ne peut plus déterminer avec précision. Elle ne prétend pas pouvoir attribuer à Faber un rôle particulier dans les sévices : plusieurs hommes participaient simultanément aux violences. Elle résume cependant leur comportement par une formule terrible : « tous rivalisaient de brutalité à mon égard », ajoutant que Faber « faisait comme les autres ».

 

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