Meurtres, massacres et tortures attribués à la Gestapo de Luchon
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Les documents recueillis après la Libération permettent de dresser un tableau particulièrement sombre des agissements du Sicherheitsdienst (S.D.) de Luchon, service de renseignement et de répression du régime nazi chargé de traquer les résistants, les passeurs et toutes les personnes soupçonnées d'aider les Alliés.
À travers les dépositions des survivants et les enquêtes menées après-guerre par un juge d'instruction militaire, apparaissent des noms qui reviennent sans cesse : Karl DETHLEFS surnommé « Cou de Cigogne », Jean ZINCK, Ernst BÜTTNER, SCHULTZ, NETCHER, Charles HAMMER et plusieurs autres agents allemands ou auxiliaires locaux. Leurs méthodes reposaient sur la terreur, les arrestations arbitraires, les coups, la torture et parfois l'exécution sommaire.
Le 23 mai 1944, le poste du S.D. de Luchon mène l'une de ses opérations les plus connues dans la vallée de la Barousse. Ce jour-là, les agents allemands attaquent le domicile de la famille AGASSE, soupçonnée d'activités liées à la Résistance. Au cours de l'assaut, Suzanne AGASSE est tuée. Cet événement demeure l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire locale. Il marquera durablement les habitants de Galié et de toute la vallée.
Le 20 juin 1944, deux frères de Luchon sont arrêtés puis exécutés sommairement par les membres du S.D. de Luchon.
Ces assassinats illustrent la radicalisation de la répression allemande durant les dernières semaines de l'Occupation, alors que les maquis deviennent de plus en plus actifs dans les Pyrénées.
Une pratique systématique de la torture
Les dossiers d'enquête révèlent que la torture constituait une méthode d'interrogatoire couramment utilisée par le S.D. de Luchon. Voici quelques exemples :
- Arrêté le 25 janvier 1943, un homme est longuement torturé au siège du S.D. de Luchon. Ses bourreaux utilisent divers instruments : coups de chaussure, nerf de bœuf et manche de pioche.
- Arrêté le 13 mars 1943, un homme subit lui aussi les sévices de BÜTTNER.
- Arrêté le 19 mars 1943, un homme est torturé par DETHLEFS et BÜTTNER.
- Arrêté en avril 1943, un homme endure trois jours de tortures infligées par DETHLEFS et ZINCK. Sa mâchoire est fracturée et cinq dents lui sont brisées.
- Arrêté le 3 mai 1943, un homme est torturé par ZINCK. Les coups lui brisent près de 40 % de sa dentition.
- Arrêté le 26 juillet 1943 à Mauléon-Barousse, un homme est torturé par BÜTTNER.
- Arrêté le 10 septembre 1943, un homme est torturé au S.D. de Luchon par le capitaine SCHULTZ avant d'être déporté en Allemagne où il décède.
- Arrêté le 16 octobre 1943, un homme est soumis à des violences exercées par BÜTTNER et GROSBOS.
- Arrêté le 14 décembre 1943 par les douaniers du poste de Fos puis transféré à Luchon, un homme est torturé par ZINCK et SCHULTZ.
- Parmi les victimes figure également Marcelle BORDES, résistante du réseau "Françoise". Son témoignage est particulièrement éprouvant. Arrêtée le 3 janvier 1944 puis interrogée par ZINCK et BÜTTNER, elle est suspendue par les pieds, entièrement nue, la tête plongée dans une bassine d'eau. Elle est ensuite frappée à coups de matraque et fouettée. Ces sévices n'ont pourtant pas réussi à lui faire révéler les informations recherchées par ses bourreaux à savoir où était le fameux BORDES, un passeur réputé.
- Arrêté le 4 avril 1944, un homme est frappé à vingt-et-une reprises en trois jours par SCHULTZ.
- Arrêté le 12 juin 1944, un homme est soumis à de longues séances de torture pendant plus de deux mois, jusqu'au 19 août 1944.
- Arrêté le 30 juillet 1944, transféré au S.D. de Luchon, un homme subit de longs sévices sous la responsabilité de ZINCK et NETCHER.
La terreur comme instrument de domination
Pris isolément, chacun de ces témoignages raconte une tragédie personnelle. Mis bout à bout, ils révèlent un système organisé de répression où la torture n'était pas exceptionnelle mais constituait un outil ordinaire d'enquête et d'intimidation. Les méthodes décrites sont récurrentes : coups de poing, coups de bottes, matraquages, suspension par les bras ou les jambes, noyades simulées, privations de nourriture, enfermements prolongés, humiliations et violences psychologiques.
La répétition des noms de DETHLEFS, ZINCK, BÜTTNER, SCHULTZ, NETCHER ou HAMMER dans de nombreux dossiers démontre que ces actes ne relevaient pas d'excès individuels mais d'une pratique systématique mise en œuvre par le S.D. de Luchon contre les résistants, les passeurs et les civils soupçonnés de sympathie envers la Résistance. Ces témoignages constituent aujourd'hui des sources historiques essentielles. Ils permettent non seulement de rendre justice aux victimes, mais aussi de rappeler ce que furent réellement l'Occupation et la répression dans les vallées pyrénéennes entre 1943 et 1944 : une période où l'arbitraire, la peur et la violence pouvaient frapper n'importe qui, à n'importe quel moment.
Karl DETHLEFS
Au lendemain de la Libération, les autorités françaises poursuivent leurs recherches afin de retrouver et juger les membres des services allemands ayant participé à la répression dans les vallées pyrénéennes. Parmi eux figure un homme particulièrement redouté dans le secteur de Bagnères-de-Luchon en Haute-Garonne : DETHLEFS Karl Johannes Heinrich, ancien Unterscharführer du Sicherheitsdienst (S.D.) de Luchon, le service de renseignement et de répression du régime nazi.
Les archives indique que DETHLEFS a été localisé et arrêté par les autorités britanniques. Il est alors détenu au 2ᵉ Civil Internment Camp (C.I.C.) de Sandbostel, en Allemagne. Cette arrestation constitue une étape importante dans les enquêtes menées contre les responsables des exactions commises dans les Pyrénées durant l'Occupation.
Les services français sont aussitôt informés de cette détention et demande officiellement que l'intéressé soit réclamé aux autorités alliées afin qu'il puisse être remis à la justice française. Un mandat d'arrêt accompagne la requête, preuve que les investigations engagées contre lui sont déjà avancées.
L'archive précise que DETHLEFS est en cours d'inscription auprès de l'United Nations War Crimes Commission (U.N.W.C.C.), organisme créé par les Alliés pour identifier et poursuivre les auteurs de crimes de guerre. Son cas fait déjà l'objet d'un rapport transmis depuis Londres, démontrant que son activité au sein du S.D. de Luchon est connue et examinée à l'échelle internationale.
Cela révèle que quelques mois après la fin du conflit, DETHLEFS n'est plus un fugitif. Il est devenu un prisonnier de guerre recherché pour répondre de ses actes devant la justice. Pour les familles des victimes de la répression allemande en Comminges, en Barousse et dans les vallées voisines, cette arrestation représente l'espoir de voir enfin établies les responsabilités des hommes qui ont semé la terreur dans la région entre 1943 et 1944.
Si les archives permettent aujourd'hui de suivre sa trace jusqu'au camp de Sandbostel, elles ouvrent également de nouvelles pistes de recherche : son interrogatoire par les Britanniques, son éventuelle extradition vers la France, ainsi que les procédures judiciaires engagées contre lui après-guerre.
Karl FABER
Parmi les nombreux agents allemands qui ont exercé leurs fonctions en France occupée, Karl FABER apparaît comme un rouage intermédiaire mais significatif de l'appareil répressif nazi. Son parcours permet de mieux comprendre l'organisation complexe des services de sécurité allemands qui surveillaient les populations, traquaient les résistants et contrôlaient les frontières durant la Seconde Guerre mondiale.
Marié et père d'un enfant, Karl FABER mène d'abord une existence ordinaire jusqu'au déclenchement du conflit mondial. Le 7 avril 1940, il est encore civil. Dès le lendemain, le 8 avril 1940, il est incorporé dans la Wehrmacht au sein du 647e régiment de remplacement d'infanterie. Après environ sept mois d'instruction militaire, il est affecté au bataillon territorial de protection n° 434, stationné à Pirmasens, dans le Palatinat allemand. À cette époque, les bataillons de Landesschützen sont principalement employés à des missions de surveillance, de garde et de sécurité à l'arrière du front. Ils constituent une réserve précieuse pour les autorités militaires allemandes qui cherchent à maintenir l'ordre dans les territoires sous contrôle du Reich.
Au cours de l'été 1941, Karl FABER suit une formation spécialisée destinée aux personnels de la Police Secrète de Campagne de la Wehrmacht. Cette organisation, souvent surnommée la « Gestapo militaire », est chargée du contre-espionnage, de la surveillance des populations civiles, de la recherche des déserteurs et de la lutte contre les mouvements de résistance. En septembre 1941, il est affecté au groupe 11 de la Geheime Feldpolizei à Paris. Il y exerce les fonctions d'auxiliaire de police au sein des services allemands chargés du contrôle de la capitale occupée.
Le 20 novembre 1942 marque une nouvelle étape dans sa carrière. Il est officiellement libéré du service militaire mais immédiatement réquisitionné pour le service de sécurité du Reich par le président de police de Düsseldorf. Il rejoint alors le K.d.S. (Kommandeur der Sicherheitspolizei und des SD), installé Rue des Saussaies à Paris. Ce bâtiment est l'un des principaux centres névralgiques de la répression allemande en France occupée. Le K.d.S. coordonne l'action de la Police de sécurité (Sicherheitspolizei) et du Service de renseignement SS (Sicherheitsdienst ou SD), responsables notamment de la lutte contre les réseaux de Résistance, des arrestations politiques et de la répression des filières d'évasion.
Karl FABER est affecté à la section IV E, où il travaille au service des registres et de l'enregistrement administratif. Même si cette fonction peut paraître secondaire, elle occupe une place essentielle dans le fonctionnement de la machine répressive allemande. Les dossiers, fichiers, signalements et rapports constituent alors l'un des principaux outils utilisés pour identifier, surveiller et poursuivre les personnes considérées comme ennemies du Reich. À cette période, il porte le grade d'un SS équivalent à celui de sous-officier supérieur. Son service est d'abord placé sous l'autorité du Kriminalrat Kiefer, conseiller criminel allemand. Le service des registres est dirigé successivement par le Hauptscharführer Lackert puis par un responsable nommé Palm. L'ensemble du K.d.S. parisien est alors commandé par le SS Helmut Knochen Boemelburg, l'un des principaux responsables de la répression allemande en France.
Le 1er mars 1943, Karl FABER est détaché à la Police des frontières sur la frontière franco-espagnole. Il est envoyé à Bagnères-de-Luchon, secteur particulièrement sensible en raison des nombreux passages clandestins vers l'Espagne. Cette région des Pyrénées constitue alors un axe majeur pour les évadés, les aviateurs alliés abattus, les réfractaires au STO, les agents de renseignement et les résistants cherchant à rejoindre l'Afrique du Nord ou l'Angleterre. La mission officielle de Karl FABER consiste au contrôle des passeports. Cependant, derrière cette fonction administrative se cache un enjeu stratégique considérable : empêcher les franchissements clandestins de la frontière et identifier les filières d'évasion qui se développent dans les vallées pyrénéennes.
À la même époque, de nombreux passeurs et résistants du Comminges, du Luchonnais, de la Barousse et du Val d'Aran risquent quotidiennement leur vie pour permettre le passage de réfugiés, de militaires alliés et de résistants. Les services allemands, les douanes du Reich, la Geheime Feldpolizei et la Gestapo multiplient alors les enquêtes et les opérations de surveillance. La présence de Karl FABER à Luchon s'inscrit donc dans le dispositif de contrôle mis en place par l'occupant sur l'ensemble de la chaîne pyrénéenne.
Lorsque l'effondrement allemand devient inévitable durant l'été 1944, les services de sécurité commencent à se replier vers le Reich. En août 1944, Karl FABER quitte la France et retourne en Allemagne. Il rejoint alors la Gestapo de Düsseldorf, où sa trace réapparaît à la fin de l'Occupation. Son parcours illustre celui de nombreux fonctionnaires de la machine répressive nazie : des hommes souvent peu connus du grand public, mais dont les fonctions administratives, policières ou frontalières participèrent au contrôle des territoires occupés et à la traque des résistants.
Détenu à la prison de Wittlich, dans la zone britannique d'occupation de l'Allemagne, Karl Faber est visé le 13 octobre 1947 par un mandat d'arrêt émis par le Tribunal militaire de Toulouse. Les autorités françaises demandent simultanément son transfèrement à la prison militaire de Bordeaux afin qu'il réponde devant la justice des actes commis durant l'Occupation.
Ernst UTESCH
Parmi les hommes qui participèrent au dispositif de surveillance allemand installé dans les Pyrénées durant l'Occupation, le nom d'Ernst UTESCH apparaît dans plusieurs documents de renseignement français établis après la Libération. Bien que relativement méconnu aujourd'hui, son parcours éclaire le fonctionnement des services allemands chargés de traquer les résistants, les passeurs et les fugitifs qui tentaient de franchir la frontière espagnole.
Ernst UTESCH est né le 13 mai 1905 à Bartenshagen, dans l'ancien territoire allemand de Poméranie. Son épouse se nomme Anna UTESCH, née Erdmann. À la fin de la guerre, les services français disposent même de l'adresse familiale mentionnée dans les dossiers d'enquête. Son numéro d'identité militaire est enregistré sous la référence 132 du 3e bataillon motorisé de remplacement d'infanterie d'Altenburg.
En novembre 1942, Ernst UTESCH appartient au Groupe de la Geheime Feldpolizei (GFP), souvent surnommée la « Gestapo militaire », cela constitue l'un des principaux instruments de contrôle et de répression de la Wehrmacht. Ses missions vont de la surveillance des populations civiles à la lutte contre les réseaux de résistance, en passant par la recherche des déserteurs et des agents alliés. Le 20 novembre 1942, UTESCH est officiellement rayé des contrôles de la Wehrmacht. Cette mesure ne signifie pas son retrait du service mais son passage sous une autre forme administrative. Le document précise qu'il continue à servir « sous la forme civile », procédé fréquemment utilisé lors des transferts vers les services de sécurité du Reich.
Ernst UTESCH est, durant les années 1943 et 1944, membre du poste frontière de Luchon, dépendant directement du poste du Sicherheitsdienst (SD) de Toulouse. Le Sicherheitsdienst, service de renseignement des SS, travaille étroitement avec la Gestapo et les autres organismes de sécurité allemands. Dans le Sud-Ouest, Toulouse constitue alors l'un des principaux centres de commandement de la répression allemande. Le poste de Luchon occupe une position stratégique exceptionnelle. Il contrôle l'un des secteurs les plus actifs de la frontière franco-espagnole. Des centaines d'aviateurs alliés, de résistants, de réfractaires au Service du Travail Obligatoire, de Juifs traqués et d'agents de renseignement tentent alors de franchir les cols pyrénéens grâce aux réseaux clandestins. Les vallées de Luchon, Saint-Béat, Marignac, Fronsac, Galié et de la Barousse deviennent ainsi un terrain d'affrontement permanent entre les passeurs et les services allemands.
L'affectation d'Ernst UTESCH au poste frontière de Luchon le place au cœur même de la lutte menée contre les réseaux de passage vers l'Espagne. À cette époque, les services allemands cherchent activement à identifier les guides de montagne, les hébergeurs, les agents de liaison et les chefs de réseau qui organisent les franchissements clandestins. Le poste frontière de Luchon dépendant du SD de Toulouse participe à la collecte de renseignements, à la surveillance des mouvements de population et aux enquêtes visant les filières d'évasion. C'est dans ce contexte que des réseaux tels que Dutch-Paris, Françoise, Victoire-Buckmaster ou les organisations de passage locales sont régulièrement traqués.
À travers le parcours d'Ernst UTESCH apparaît toute la complexité de l'appareil sécuritaire nazi installé dans le Sud-Ouest de la France : une mosaïque de services militaires, policiers et de renseignement qui, jusqu'à l'été 1944, tentèrent d'endiguer un mouvement de résistance et d'évasion devenu impossible à arrêter.
Peter LAKNER
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SCHULTZ
Lorsque les troupes allemandes envahissent la zone sud le 11 novembre 1942, elles prennent rapidement le contrôle des principaux points stratégiques des Pyrénées. À Bagnères-de-Luchon, la surveillance de la frontière est confiée à la douane allemande, la Grenzpolizei, dont le poste est placé sous les ordres du capitaine Schultz.
Les autorités allemandes installent leurs services dans le Chalet Spont, situés sur les Allées d'Étigny. Le plus vaste bâtiment, donnant directement sur l'avenue, est transformé en bureaux administratifs de la douane du Reich. Quatre douaniers allemands y prennent leurs quartiers, accompagnés d'un interprète chargé des relations avec la population locale.
Les témoignages recueillis après la guerre décrivent le capitaine Schultz comme un homme de taille moyenne, mesurant entre 1,65 m et 1,70 m. Trapus, légèrement voûté, il portait une épaisse moustache rappelant celle d'Adolf Hitler. Malgré son rôle important dans le dispositif allemand de surveillance frontalière, peu d'informations précises subsistent aujourd'hui sur son identité et son parcours.
À partir de novembre 1942, les mouvements de Résistance du Luchonnais comprennent rapidement l'importance stratégique de ce poste frontière. Les réseaux de passage vers l'Espagne, les guides de montagne et les groupes clandestins organisent alors une surveillance discrète des activités de la Grenzpolizei. Peu à peu, les résistants multiplient les actions de renseignement, les filatures et les opérations destinées à gêner les services allemands.
Sous l'autorité du capitaine Schultz, la douane allemande participe à la lutte contre les passages clandestins vers l'Espagne. Face à elle, les filières d'évasion et les réseaux de Résistance poursuivent leurs activités avec détermination, transformant les vallées pyrénéennes en un véritable champ de bataille silencieux où s'affrontent contrôleurs et passeurs, occupants et résistants.
Pendant près de deux ans, jusqu'à la Libération de l'été 1944, le Chalet Spont demeurent ainsi l'un des symboles de la présence allemande à Luchon et du contrôle exercé sur cette frontière devenue l'un des principaux espoirs de liberté pour des milliers de fugitifs.
Ernst HETSCH
45 ans en 1944. Cultivateur à Rostock.
NETCHER
Interprète à Luchon.
KAÏSER
Originaire de Berlin.
François WATTERROTH
Interprète à Luchon.
Ernst BÜTTNER
Se rendait en permission à Cologne. Karl DETHLEFS était toujours accompagné de lui, son bras droit, et de l'interprète qui travaillait aussi pour les douaniers.
HAOUSMIN
Sous-lieutenant à la douane de Luchon.
SELIGER
Gestapo Luchon.
GROSBOS
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Karl HAMMER
Interprète pour la Gestapo de Luchon. Condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour de Toulouse.
Jean ZINCK
Interprète pour la Gestapo de Luchon. Était avant cela à Montréjeau.
Extraits de "No pasaran" de Jean LEZAN :
"Hitler avait lâché dans la cohorte des gens de l’exode des espions qui, presque toujours, se disaient des Alsaciens persécutés. Ainsi, à Montréjeau, on s’apitoya sur le sort de Zinck… Il « baratina » si bien qu’on lui donna un poste important : le secrétariat de la mairie ! C’était, pour un agent secret, un poste capital. Il l’utilisa ! Zinck eut ses entrées partout. N’était-il pas un bon Français, un bon Alsacien persécuté par Hitler ? Cela dura jusqu’au jour 24 où ce « grand patriote », les Allemands occupant nos régions, fut envoyé à Luchon diriger la Gestapo ! ! ! Il ne perdit pas son temps. Il n’hésita pas à faire arrêter, à arrêter lui-même, de braves gens trop confiants ;"
"Zinck sera fusillé à la Libération. Trop vite ; c’était un témoin important, on ne l’interrogea pas. Pourquoi ? Il nous est permis de penser que beaucoup de « Résistants » de la dernière heure avaient intérêt à ce que Zinck ne soit pas interrogé. A quelques jours de là brûlait, mystérieusement, la mairie médiévale de Montréjeau. Là aussi un point d’interrogation : à qui profitait le crime ? L’enquête s’essouffla rapidement…"
"Zinck, un agent hitlérien, qu’on se dépêcha un peu trop rapidement de fusiller. Il en savait trop sans doute. Un autre agent de la Gestapo, « Alsacien-Lorrain » et persécuté lui aussi, logea un certain temps à Saint-Paul. Ensuite il émigra à Saint-Laurent. Il était très communicatif. Il cherchait de toute façon à entrer en contact avec le plus de monde possible, à gagner la confiance de l’habitant. On découvrit qu’il fréquentait assidûment l’hôtel Cistac, de Lannemezan : c’était le siège de la Gestapo ! Ces contacts ne devaient pas lui porter bonheur. Quelques temps après, on retira son cadavre de la Neste…une corde et une lourde pierre au cou. Mort « d’accident » , donc ? Peut-être cet « accident » provoqua la colère des Allemands et leur raid sur Saint-Laurent-de-Neste ? "
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